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  • Philip Ribe

La stratégie de l'autruche... le pouvoir de l'incrédulité


Au cours de mes nombreuses discussions — ce n’est un secret pour personne, je suis un incorrigible bavard — j’ai souvent entendu cette phrase : « Oh, toi, tu as de la chance tu as la foi… ». Je ne pense pas avoir particulièrement de la chance, je n’ai jamais gagné au loto, peut-être parce que je n’y joue pas, mais de toute façon, avoir la foi n’a rien à voir avec la chance. Un regard rétrospectif sur les évènements de crise que nous traversons m’ont conduit à une petite réflexion que j’aimerai vous partager.

Lorsque la ville de Wuhan a communiqué aux autorités sanitaires chinoises la présence d’une nouvelle maladie contagieuse, elles ont fait la sourde oreille, puis l’ampleur locale du phénomène les a obligées à réagir. D’abord timidement puis, progressivement de façon énergique, pour ne pas dire brutale, le gouvernement a pris la situation en main.

À cette période, je me souviens avoir entendu maintes fois à la radio, et sur tous les médias des affirmations rassurantes de l’OMS. Il n’y a aucun danger, il s’agit d’une grippe de plus, comme chaque année, c’est une épidémie localisée, les autorités chinoises ont pris les mesures appropriées… blablabla….

Il n’y avait aucun problème.

De loin, et donc sans aucune crainte, le monde a commenté cet évènement, les Chinois en font trop, n’en font pas assez, oui, c’est arrivé chez eux parce que… blablabla…

Et puis, quelques cas se sont déclarés en Europe. Nous avons eu droit, en version nationale, au même discours que celui tenu par l’OMS. Il n’y a aucun risque, ce n’est ni plus ni moins qu’une grippe saisonnière… Pour certains dirigeants plus perspicaces que d’autres, c’était même une « gripette », pas de quoi fouetter un chat. Heureusement d’ailleurs, puisque les chats n’y sont pour rien, même s’il parait qu’en Chine, les chats… bon revenons à nos moutons, qui n’y sont d’ailleurs pour rien eux non plus, puisque les seuls propagateurs de cet Attila-Virus1, sont les êtres humains. Il serait passionnant d’explorer cette piste : le lien entre les humains et les malheurs de cette planète, mais ce n’est pas le sujet d’aujourd’hui.

Du temps nous a encore filé entre les doigts, la situation en Chine était catastrophique, et cela pouvait vaguement nous interpeller, mais la Chine, c’est quand même loin, il suffisait de zapper aux infos pour passer à autre chose.

Les quelques cas « maitrisés » en Europe, ont fait place à une épidémie qui a pris en traitre nos voisins italiens. C’était maintenant, géographiquement proche, mais toujours aucune réaction sérieuse des autorités des autres pays. Des voies, médicales, scientifiques ou tout simplement celles du bon sens, ont commencé de s’élever. Attention ! Danger, il faudrait…

Mais on n’arrête pas la course au profit aujourd’hui pour un malheur qui pourrait survenir demain. Nos dirigeants ont encore choisi l’incrédulité. J’ai bien dit choisi ! On a voulu nous rassurer, et pour ça, quoi de mieux que les chiffres, contrairement aux lettres ils ne savent pas mentir… enfin, parait-il…

On nous a donc servi d’incontestables colonnes de chiffres : les Italiens ont tant de lits d’hôpitaux, nous en avons trois fois plus… nous avons tant de masques, et tant de ceci et de cela, notre système de santé est trois fois plus… blablabla…

Et puis… l’épidémie a touché la France, l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse, l’Espagne… et le monde.

L’Italie était à présent en pleine pandémie, les reportages déchirant sur ce peuple fort et fier qui luttait, comme il le pouvait nous ont émus. Nous avons partagé leurs actes de bravoure, les concerts aux fenêtres, la détresse des médecins contraints de choisir qui devait vivre et qui allait mourir.

Mais nous avons, encore une fois refusé de croire que cela pourrait nous arriver. Oui, « refusé de croire ». Les preuves étaient là, les scientifiques, les médecins, s’époumonaient à nous le dire. Les exemples chinois et italien sous nos yeux, mais non !

Nous n’en voulions pas de ce virus qui allait nous déranger, perturber notre économie, faire plonger la bourse, nous empêcher de faire la fête, d’aller voir nos matchs de foot, de boire des verres entre amis…

Alors, puisque nous avions développé l’habitude d’appliquer cette stratégie pour la pollution, pour le réchauffement climatique, pour la faim dans le monde, pour les travailleurs pauvres qui dorment dans nos rues, nous avons décidé de faire de même pour le Virus, ne pas croire. Puisque ça avait marché avec Dieu, ça pourrait peut-être fonctionner avec le reste. Si quelque chose nous dérange, il suffit de ne plus y croire… de mettre la tête dans le sable, et hop, le problème disparait.

Pourtant, notre Attila-Virus conquérant est moins poli que ceux qui meurent de faim, ou que les dauphins et les tortues qui s’étouffent dans nos océans, ou que les pauvres dans nos rues, ou que Dieu lui-même qui a eu la décence de ne rien dire lorsque nous avons décidé de ne plus croire en lui.

L’Attila-Covid 19 n’est pas de ceux-là qui se laissent intimider. Nous avons essayé de fermer les yeux, de l’ignorer et il n’en a pas tenu compte ! Le malotru ! Quel manque de respect envers les Supers-Humains que nous pensons être 2.

Dans un pays que je ne nommerai pas — puisque c’est celui où je suis né, et que je l’aime — lorsque finalement, le couteau sous la gorge, ou plutôt le virus dans les poumons de centaines de ses concitoyens, le président a décrété le confinement pour le lendemain, les gens se sont réunis en masse dans les bars, les discothèques, les terrasses, pour narguer le virus qui, d’après leur croyance allait devenir dangereux… seulement le lendemain ! Un virus qui ne pourrait rien leur faire, puisqu’ils n’y croyaient pas…

Un tel niveau de stupidité prêterait à rire, si la conséquence n’était pas la mort de ceux qui y croyaient, de ceux qui avaient les yeux ouverts, qui nous prévenaient, les médecins, les soignants et autres sympathiques personnes qui voyaient ce qui était évident, ce virus est différent des autres, il est dangereux, nous sommes en danger.

Et nous en sommes là, en ce mercredi 25 mars… nous verrons ce que demain nous réserve, j’espère le meilleur et je m’attends au pire.

Alors je ne veux surtout pas faire la morale à qui que ce soit, je suis comme vous, j’ai des gènes d’autruches, moi aussi, j’ai tellement fermé les yeux sur mon égoïsme, ma lâcheté, mes petits privilèges, mes inconséquences… que j’en ai mal aux paupières. Ce que je voudrais souligner ici, c’est que tous les humains naissent avec la foi, cette capacité de faire confiance, ce n’est pas une option que certains auraient parce qu’ils ont payé plus cher que d’autres ou parce qu’ils ont de la chance, ou pour je ne sais quelle autre raison.

La capacité de croire n’est pas plus une option pour les humains que les roues pour une automobile. Mais nous avons tous aussi, de série, la capacité de choisir de ne pas croire, de fermer les yeux sur ce qui nous dérange.

Croire ne fabrique rien, ne pas croire ne fait rien disparaitre.

Dieu n’existe pas parce que j’y crois, il n’est pas comme les fées dans Peter Pan, il ne disparait pas parce que je n’y crois pas. Il est ou il n’est pas, chacun peut avoir son avis, sa conviction, mais cela ne change rien à la réalité.

Et puis pour ceux qui croient, qui ont accepté l’idée que Dieu existe, la question est juste déplacée un peu plus loin, est-ce que je crois ce qu’il dit de moi, de lui, des autres ?

Et si la véritable question n’était pas « croire » ou « ne pas croire », mais « consentir » ou pas, choisir de garder les yeux ouverts ou non, décider ou refuser d’être cohérent avec ce que nous croyons, ce que nous savons…

Et si Dieu était ? Que je le crois ou non, et s’il me disait qu’il m’aime ? Qu’il veut simplement que je m’ouvre à lui, que je le rencontre, au-delà des mots et des formules, dans le secret de mon être intérieur…

Et si le remue-ménage que produit cet Attila-Virus venu, contre toute attente, nous envahir, nous offrait l’opportunité de choisir d’ouvrir les yeux… les yeux qui nous permettent de lire, ou d’admirer un coucher de soleil, mais plus encore les yeux du cœur, puisqu’il parait que c’est par eux que l’on voit vraiment ce qui est important…

Puisque vous êtes loin de mes yeux, mais proches de mon cœur, je vous salue selon la formule traditionnelle de la planète Pandora : « Je te vois »

Une autruche en voie de guérison,

Philip

Cette lumière était la vraie lumière qui, en venant dans le monde, éclaire tout être humain. Elle était dans le monde et le monde a été fait par elle, pourtant le monde ne l’a pas reconnue. Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont pas accueillie. Mais à tous ceux qui l’ont acceptée, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le droit de devenir enfants de Dieu, Jean 1. 9-12.

1 Attila aussi venait de l’Est, personne ne pensait qu’il atteindrait l’Europe de l’Ouest, et lui aussi générait une peur irrationnelle.

2 Au moment où j’écris cet article, il reste encore un dirigeant d’un pays de 210 millions d’habitants qui nie la réalité de ce virus et met son ministre de la santé en quarantaine parce qu’il a dit qu’il faudrait faire attention.

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© 2015 par Philip Ribe

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