Le découragement...


Le découragement est l’enfant illégitime des attentes injustifiées. Lloyd Ogilvie

C’est décourageant le sable, rien n’y pousse, tout s’y efface. James Joyce

… afin que vous ne vous lassiez point, l’âme découragée. Hébreux 12. 3

Il s’abat parfois sur nous comme l’obscurité dans les pays de l’Equateur, sans prévenir, sans transition, sans que nous ayons entendu ses pas dans notre dos, sans même que nous sachions exactement pourquoi. Pourquoi moi, pourquoi aujourd’hui, pourquoi maintenant.

Il arrive aussi, et c’est peut-être pire, que nous le pressentions, que nous entendions le glissement de ses semelles feutrées collées à nos basques, sans que nos changements de direction ou toute autre ruse ne puissent le distancer. Mais lorsqu’il nous rattrape, que nous l’ayons vu venir ou pas, le résultat est le même. Il nous vole le goût du pain, il lacère notre sommeil, nous isole au cœur même d’une foule sympathique ; il noue notre estomac d’un invisible nœud, brouille notre vision par ses épaisses nuées opaques, et pour parachever son œuvre de terreur, il susurre à notre oreille qu’il ne partira jamais.

Si nous avons plus de quelques années d’ancienneté sur la Planète Bleue, nous l’avons forcément rencontré, il nous a déjà assaillis. C’est un redoutable voleur capable de subtiliser l’espérance, la joie, la quiétude. Il peut même se faire assassin en envoyant aux limbes des projets audacieux, des entreprises généreuses, des désirs d’aller de l’avant.

Et pourtant… il ne possède en réalité que la force que nous lui prêtons, il n’est fort que de nos faiblesses. Attention ! Pas les bonnes faiblesses, celle qui nous rendent plus humbles, plus attentifs, plus dépendants de notre Dieu ; non, il est fort de nos mauvaises faiblesses. Il se nourrit de nos déceptions de n’avoir pu mal faire, de nos échecs dans nos tentatives de nous élever au-dessus des autres, dans nos retours de manivelle lorsque nous nous sommes aventurés sur le méchant terrain de la comparaison, de nos échecs à construire notre identité par ce que nous faisons au lieu de nous contenter d’être.

C’est pour cela qu’il peut s’évanouir en un battement de paupière, en un éclat de seconde retourner au néant d’où il est sorti. Mais il nous faut comprendre qu’il ne disparaît pas par le combat. La lutte le fortifie, les efforts pour le vaincre le nourrissent. Il se dissout comme les ténèbres lorsque la lumière apparaît.

Lumière de la pensée de Dieu, qui nous infuse son amour, sa bienveillance, sa tendresse, sans que nous ayons besoin de faire quoi que ce soit pour la mériter.

Lumière de l’amitié, d’une main posée sur notre épaule, d’une présence silencieuse, mais tellement réconfortante.

Lumière de l’espérance, qui nous rappelle que l’heure la plus sombre est toujours celle qui précède un nouveau matin.

Nous ne pouvons pas toujours l’éviter, le découragement. Mais s’il tente de faire de nous sa proie, ne nous lançons pas dans une croisade perdue d’avance ; contentons-nous d’une prière silencieuse, d’un cri non formulé, venu du plus profond de notre âme vers celui qui a surmonté toutes les horreurs afin que nous ne nous lassions pas, l’âme découragée.

Et puis… relevons la tête, armés de notre seule patience et de quelques tranches de confiance…

… jusqu’à ce que le jour vienne à paraître et que l’étoile du matin se lève dans nos cœurs.1

Philip

PS Ne soyez pas inquiets pour moi, c’est parce qu’il n’est pas là en ce moment que j’ai eu le courage de parler de lui.

1 2 Pierre 1.19

À l'affiche
Posts récents
Par tags
Pas encore de mots-clés.
Nous suivre
  • Facebook Classic
RSS Feed

ME SUIVRE

  • Facebook Classic

© 2015 par Philip Ribe

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now